"En deux mois, il sera impossible d'aborder les aspects sociaux de la retraite"

Publié le 28/04/2010

La Dépêche du Midi publie, le 28 avril 2010, une interview de François Chérèque à la veille de son déplacement en Midi-Pyrénées.

Quel bilan tirez-vous du premier round de négociations avec le gouvernement sur les retraites ?

Le calendrier qui nous est proposé est bien trop court ! Nous voulons couvrir l'ensemble du problème des retraites et notamment les inégalités : les salariés qui ont vécu des périodes de chômage, ceux qui ont fait face à la pénibilité mais aussi les polypensionnés. On veut une réforme globale qui réduise les inégalités.

Ce n'est pas le terrain de dialogue choisi par le gouvernement ?

Je crains qu'il ne se contente que de prendre des mesures sur l'âge de départ et sur l'allongement de la durée de cotisation. En deux mois, il sera impossible d'aborder les aspects sociaux de la retraite.

Pour la CFDT, le départ à 60 ans est-il une religion ?

C'est pour les salariés un repère très important qu'il faut conserver. Il ne faut rien changer sur ce point-là.

Que pensez-vous de l'idée d'une décote si on part avant 60 ans ?

Elle existe déjà ! Si un salarié part à 60 ans sans ses 42 ans de cotisation, une décote lui est appliquée. En rajouter une nouvelle tient de la double sanction.

Quel sera le mot d'ordre pour le défilé du 1er Mai ?

Nous rappellerons que les effets de la crise se font encore sentir sur les salariés et sur les demandeurs d'emploi.

Défilerez-vous avec les autres syndicats ?

Nous sommes attachés à l'intersyndicale pour le 1er-Mai depuis début 2009 mais nous regrettons que FO ou la CFE-CGC ne s'y associent pas.

Un conflit dur s'est engagé chez Airbus sur les augmentations de salaires. Les revendications des salariés sont-elles légitimes ?

Il faut que les entreprises qui ont la possibilité d'augmenter les salaires fassent cet effort. Elles permettront ainsi de maintenir le pouvoir d'achat de leurs salariés et participeront à la relance de l'économie.

Pensez-vous que l'état doit se pencher sur le conflit chez Airbus ?

Je crois me souvenir que le Chef de l'état s'était engagé à intervenir dans la gouvernance de toutes les entreprises où l'état est actionnaire. Dans ce dossier, il doit le faire.

Vous avez qualifié la récente grève à la SNCF d'« inutile ». Qu'avez-vous voulu dire ?

Tout simplement que je crois plus aux vertus du dialogue et de la négociation qu'à celles de la grève. Les cheminots de la CFDT ont toujours favorisé le dialogue dans ce conflit en faveur de l'emploi et de mesures salariales. Ils se sont retirés de la contestation dès que la grève a débuté.

Propos recueillis par Gil Bousquet