Les compétences des mandatés toulousains au service des adhérents

Publié le 03/02/2012
A Toulouse, l'Uri et l'UD de la Haute-Garonne ont invité les adhérents à rencontrer les mandatés interprofessionnels lors d'un forum visant à construire de nouveaux services.
Les compétences des mandatés toulousains au service des adhérents
Les compétences des mandatés toulousains au service des adhérents
A Toulouse, l'Uri et l'UD de la Haute-Garonne ont invité les adhérents à rencontrer les mandatés interprofessionnels lors d'un forum visant à construire de nouveaux services.

Des dizaines d’adhérents patientaient, le 18 janvier dernier, dans les locaux de l’Uri Midi-Pyrénées et de l’UD de la Haute-Garonne, qui occupent deux étages d’un immeuble à Toulouse. Durant tout l’après-midi, plusieurs bureaux ont été transformés en consultations ouvertes aux adhérents sur de nombreux thèmes : la formation professionnelle, l’emploi, l’aide juridique, la protection sociale, le logement, la consommation…

 
Des salariés confrontés à différents types de problèmes
 
Devant la salle où des mandatés CFDT reçoivent les travailleurs en situation de handicap, une fonctionnaire raconte : « Depuis que j’ai été reconnue travailleuse handicapée, je rencontre beaucoup de difficultés. J’ai été arrêtée pendant six mois car mon poste n’avait pas été aménagé. L’organisation du travail n’a pas été adaptée au fait que je ne peux plus traiter les dossiers au même rythme. » Comme tous les adhérents haut-garonnais, elle a reçu une invitation à consulter des militants dans le cadre d’un forum expérimental destiné à élaborer de nouveaux services. Elle s’estime très bien accompagnée par les élus du personnel CFDT, mais elle a fait le déplacement afin d’en savoir plus sur ses droits à la reconversion professionnelle.
À l’étage au-dessus, Karima, une jeune salariée du nettoyage, sort de la consultation «Protection sociale» : « Les tarifs des mutuelles augmentant, de nombreux collègues aimeraient savoir si la CFDT propose une mutuelle aux adhérents. » Justement, l’Uri y réfléchit ! Un accord existe déjà pour les salariés des petites entreprises de la métallurgie ; pourquoi ne pas négocier des accords dans d’autres secteurs ? Des adhérents, comme Sylvette, sont venus avec leur dossier. Quelle démarche entreprendre après qu’une maladie professionnelle n’a été reconnue que partiellement ? Ayant siégé à la commission de recours amiable de la CPAM, une militante lui explique la procédure à suivre et donne la liste des pièces à présenter. À la fin de la journée, plus de quatre-vingts adhérents étaient venus se renseigner sur leurs droits et recevoir des conseils..
 
Un atout pour le développement.
 
Le succès de ce forum inédit se vérifie aussi auprès des militants. Mandatée CFDT à la Caf et à la CPAM dans le Gers, Michèle Touchard a trouvé l’expérience « formidable » :
« Cette mise en situation m’a permis de cons­tater qu’avec toutes les connaissances réunies des mandatés, nous sommes en mesure de donner une réponse immédiate. C’est vraiment cela, le service à l’adhérent. » Secrétaire du Syndicat CFDT des services du Gers, Michèle observe que ses mandats lui offrent la possibilité de répondre aux nombreuses demandes des salariés en ­situation de précarité, notamment ceux qui travaillent en intérim. Ces mandats sont aussi un atout pour le développement.
Après ce test à Toulouse, Michèle aspire à ce qu’il soit mis en pratique dans les UD. Sur l’ensemble du territoire midi-pyrénéen, région la plus étendue de la France métropolitaine, la CFDT compte près de cinq cents mandatés dans de multiples institutions : conseil économique, social et environnemental régional, section régionale interministérielle d’action sociale, Fonds pour l’insertion des personnes handicapées, Opca, comités de bassin d’emploi… Avant le lancement du forum, une quarantaine d’entre eux ont échangé sur la manière dont leur expertise pourrait être mieux mise à la disposition des adhérents, en s’appuyant notamment sur une étude menée par des chercheures de l’université de Toulouse 2-Le Mirail (lire l’encadré ci-dessous).
 
L’indispensable mise en réseau des mandatés
 
La mise en réseau des mandatés à partir d’un répertoire des compétences apparaît indispensable. Le service téléphonique « Réponses à la carte », lancé par la Confédération, qui est en cours d’expérimentation dans trois régions, pourrait en fournir le cadre. Afin que l’accompagnement soit de qualité, plusieurs conditions sont évoquées : s’appuyer sur les technologies de l’information, mais également recevoir en face à face les personnes, qui sont parfois dans un certain désarroi ; être en relation privilégiée avec la section syndicale, le syndicat ou l’administration concerné(e) afin de mettre en œuvre des solutions. Les mandatés s’accordent à dire qu’ils sont des « ouvreurs de portes ».
« Ambassadeurs CFDT », comme les qualifie le secrétaire général de l’Uri, Francis Layssac, les mandatés, connaissant la réalité vécue par les usagers des institutions, sont donc un maillon essentiel, complémentaire des élus sur le lieu de travail. Comment les outiller et mettre en valeur leurs compétences, comment les impliquer davantage dans la vie de l’organisation ? Autant de questions que l’Uri se pose et auxquelles elle veut répondre en vue de la résolution de son prochain congrès.
 
  

Étude sur les mandatés interprofessionnels 

S’appuyant sur la résolution du congrès confédéral de Tours, l’Uri Midi-Pyrénées a souhaité approfondir la question de l’accompagnement des mandatés. À partir d’un échantillon de 93 personnes, l’association de chercheur(e)s Artémisia, chargée d’une étude commandée par l’Uri et l’Institut régional du travail, a esquissé le profil type du mandaté : un homme, âgé de plus de 50 ans, diplômé (bac + 2 à 5), cadre dans le secteur privé. Un constat qui ouvre le débat sur le renouvellement des militants et le processus implicite de « sélection » des candidats. Autres enjeux majeurs : trouver un équilibre entre la dimension politique et l’expertise, et enfin créer une dynamique d’échange entre les mandatés, l’Uri et les UD.