La CFDT relève le défi syndical de la LGV Tours-Bordeaux

Publié le 24/04/2012
La CFDT expérimente un nouveau mode de fonctionnement pour se mettre au service des 5 000 salariés qui vont oeuvrer pendant quatre ans sur un chantier de 340 kilomètres.
La CFDT relève le défi syndical de la LGV Tours-Bordeaux
La CFDT relève le défi syndical de la LGV Tours-Bordeaux
La CFDT expérimente un nouveau mode de fonctionnement pour se mettre au service des 5 000 salariés qui vont oeuvrer pendant quatre ans sur un chantier de 340 kilomètres.

 « À chantier exceptionnel, réponse syndicale exceptionnelle. » En quelques mots, Bernard Giret, secrétaire général de l’Uri Poitou-Charentes, résume la philosophie du projet LGV : une expérimentation du chantier n°2 d’évolution de l’organisation – la proximité aux salariés – qui s’appuie sur la construction de la ligne à grande vitesse Sud-Europe-Atlantique, de Tours à Bordeaux. Le chantier, le plus grand d’Europe, est hors normes : jusqu’en 2017, date de mise en service, quelque 5 000 salariés vont travailler de front sur les 342 kilomètres de tracé. Avec les sous-traitants et les emplois induits, 12 000 à 13 000 personnes au total y seront occupées.

De nombreux tuyaux, une seule réponse CFDT

Le projet de la CFDT est à la mesure. Depuis un an, elle a mis sur pied un comité de pilotage, le Copil LGV, coordonné par Bernard Giret, qui rassemble tous les acteurs syndicaux professionnels et interprofessionnels concernés : la fédération Construction-bois, les unions régionales Aquitaine, Centre et Poitou-Charentes, les unions départementales, les syndicats Construction-bois des territoires traversés et les représentants syndicaux des entreprises intervenantes, au premier rang desquels ceux de Vinci Construction. L’enjeu est de mettre en commun les prérogatives de chacun en vue d’une coopération qui poursuit un objectif unique, explique Fabrice Marion, de la fédération : « Que chaque adhérent, chaque salarié, d’un bout à l’autre du tracé, sache que la CFDT peut lui apporter une réponse, quel que soit son problème ! » Autrement dit : peu importe la tuyauterie pourvu que ce soit efficace.

Depuis des mois, les 25 membres du comité de pilotage se sont organisés pour définir une méthode de travail, puis la logistique, les thématiques, les outils. « Ce travail préalable était essentiel pour agir selon une approche globale car de par sa dimension même, ce chantier a un impact global », explique Olivier Chabot, de l’Uri Aquitaine. Conditions d’emploi et de travail des salariés, formation, respect des clauses d’insertion dans les appels d’offres, logement, santé et sécurité au travail, impact du chantier pour la population… Le champ d’action est à la mesure du défi.

Le Copil LGV a ainsi rencontré, lors d’une réunion le 29 mars dernier, Éric Leleu, directeur des ressources humaines de Cosea, le groupement d’entreprises en charge de la conception et de la construction de la ligne. Celui-ci a fait part de « l’ambition de Cosea est de laisser une trace durable en donnant à de nombreux personnels locaux l’opportunité d’acquérir une véritable première expérience dans les métiers des travaux publics ». À cette occasion, les membres du Copil LGV ont alerté sur la question de la sous-traitance : le transport de terre, qui va mobiliser mille camions, est par exemple intégralement sous-traité. Face à l’argument de la « non-ingérence auprès des sous-traitants », Fabrice Marion a mis en garde : « Soyez vigilant, car en tant que donneur d’ordre, votre responsabilité peut être engagée. »

Une CFDT présente du début jusqu’à l’après

Les responsables cédétistes comptent également porter une attention particulière à la question de « l’après-chantier ». « On a vu trop de salariés embauchés localement et rester sur le carreau une fois le chantier terminé », a rappelé Bernard Giret, citant le Viaduc de Millau ou le site d’Eurodisney. La sécurisation des parcours professionnels sera donc un axe de travail prioritaire, notamment par le biais d’une GPEC (gestion prévisionnelle des emplois et compétences) territoriale.

Le chantier a véritablement démarré le 29 février avec le début des opérations de défrichage, qui ont mobilisé trois bûcherons de l’Office national des forêts dans « une course contre la montre » en raison des contraintes environnementales. Début avril ont débuté les travaux de terrassement. Les délais sont serrés. Chaque jour de retard sera facturé 800 000 euros à Cosea. « C’est un chantier sur le modèle construction-exploitation-concession dont le budget – 7,8 milliards d’euros en partenariat public-privé – est au forfait et ne tient donc pas compte des coûts réels. Avec la nécessaire rapidité d’exécution et le fait que tout démarre en même temps, cela multiplie les risques », s’inquiète Fabrice Marion. Il est donc certain que le travail syndical ne manquera pas. La CFDT est prête à relever le défi.

 


Un logo, un site, un contact unique

« CFDT, le syndicat qui change mon quotidien », tel est le message qui sera adressé à chacun des quelque 5 000 salariés employés sur le chantier. Une plaquette d’information va leur être distribuée par les militants CFDT des entreprises associées au chantier, sur l’ensemble du tracé. Un site internet* a par ailleurs été lancé, qui rassemble l’ensemble des informations sur les conditions de travail, le logement, le droit du travail. Un numéro de téléphone unique et une adresse mail permettent d’obtenir rapidement une réponse. « Dès qu’un salarié, adhérent ou militant téléphonera pour obtenir des renseignements, soulever un problème, j’actionnerai le réseau afin d’apporter sur place des réponses au problème soulevé », selon qu’il s’agisse de conditions de travail, de convention collective, de logement, etc., explique Bélinda Jouan, chargée de mission sur le projet. L’objectif étant bien de concilier réactivité, proximité et efficacité, avec rappelle Bernard Giret, « une même qualité de service d’un bout à l’autre du tracé ».

* http://lgv-sea.blogspirit.com