L' Uri Alsace donne la parole aux militants d'entreprise

Publié le 25/01/2012
Dans le cadre des expérimentations concernant l'évolution de l'organisation, l'Alsace a organisé une rencontre avec les élus DP et CE afin qu'ils s'expriment sur leur vécu et leurs attentes vis-à-vis de l'ensemble des structures CFDT.
L' Uri Alsace donne la parole aux militants d'entreprise
L' Uri Alsace donne la parole aux militants d'entreprise
Dans le cadre des expérimentations concernant l'évolution de l'organisation, l'Alsace a organisé une rencontre avec les élus DP et CE afin qu'ils s'expriment sur leur vécu et leurs attentes vis-à-vis de l'ensemble des structures CFDT.

 

Réunis à la Maison des associations de Strasbourg en vue d’une journée de débats le 17 janvier, la cinquante d’élus DP et CE du Bas-Rhin qui ont répondu à l’invitation de l’union régionale écoute avec attention Sabine Gies expliquer les objectifs de cette rencontre inédite – complétée d’un deuxième rassemblement?à?Mulhouse le 26. « Nous sommes?là?pour vous écouter et voir ensemble comment la CFDT peut améliorer son fonctionnement afin de répondre mieux à vos besoins », résume la secrétaire générale de l’Uri.
 
Avant tout élus au service de leurs collègues
 
Pour beaucoup de ces élus issus de la santé, de la chimie, de la construction ou de la communication, cette réunion est une grande première. Certains, d’ailleurs, ne sont adhérents à la CFDT que depuis quelques mois ; d’autres ne connaissent l’organisation qu’à travers les échanges qu’ils ont au quotidien avec le délégué syndical de leur entreprise et ont encore du mal à comprendre le rôle de chaque structure. Pas facile de s’y retrouver entre la section, le syndicat, la fédération, l’union régionale et la Confédération lorsqu’on milite essentiellement dans son entreprise. Dans leur grande majorité, ils se définissent avant tout comme des élus au service de leurs collègues. « Mon rôle, c’est d’écouter les salariés et faire remonter leurs questions ou leurs demandes à la direction, explique un DP qui travaille dans un centre d’appels. Je vais les voir tous les jours et note dans un cahier tout ce qu’ils me racontent. Ils savent qu’ils peuvent tout me dire. »
À travers les témoignages, une nette distinction s’opère entre les élus qui ont la chance d’être dans une entreprise de grande taille avec une véritable section syndicale et ceux qui militent au sein de petites structures. « J’ai le sentiment que l’on me demande d’être spécialiste dans tous les domaines, souligne un militant de la construction, qui justement travaille dans une PME. Je passe un temps fou à essayer de comprendre la législation pour ne pas me faire balader par la direction. Progressivement, on prend de l’assurance, mais c’est très long. »
 
Besoin de soutien pratique
 
Motivés et passionnés par leur mandat, ces militants apprécient visiblement leur fonction dans l’entreprise, mais se sentent parfois démunis face à l’ampleur de la tâche. Tous parlent de leur impression de courir après le temps pour répondre aux demandes toujours plus nombreuses et plus complexes des salariés, tout en devant tenir bon face à des directions qui n’acceptent pas toujours facilement de jouer le jeu du dialogue social. « Il faut apprendre à s’imposer, ce qui est difficile au début », souligne une toute jeune élue de la chimie, visiblement très déterminée.
Lorsqu’on leur demande trois « idées de réforme » que la CFDT devrait mettre en œuvre pour les aider, le besoin d’un soutien pratique ressort for­tement. Beaucoup émettent le souhait d’être davantage armés sur le plan juridique ; une militante évoque la possibilité de mise en place d’un numéro vert que tous les élus pourraient appeler en cas de problème ; une autre verrait bien la mise en place de tuteurs afin d’aider les jeunes collectifs sans expérience. Un militant estime qu’il faut encourager les élus des différentes entreprises à travailler ensemble, à s’entraider, « car on est aujourd’hui confronté aux mêmes interrogations ».
 
Axer le travail sur le développement
 
Tous les participants ont souligné l’intérêt de cette journée et aimeraient que l’expérience se renouvelle. « Échanger avec d’autres élus remobilise, insiste un mi-
­litant. Cela donne également des idées d’actions à mettre en place dans son entreprise. » « La teneur des débats confirme parfaitement ce que nous pressentions lorsque nous avons décidé de lancer le chantier de l’évolution de l’organisation, analyse Sabine Gies. Je note avec une grande satisfaction que les élus ont beaucoup parlé de la nécessité de se développer pour pouvoir faire face à leurs missions. C’est relativement nouveau et cela signifie que notre discours et notre travail sur le développement portent leurs fruits. »