Air France : Laurent Berger juge « indécente » la grève des pilotes - Le Figaro

Publié le 22/09/2014 à 17H22
Pour Laurent Berger, Leader du Syndicat réformiste CFDT, interrogé le 15 septembre sur les ondes de RTL, «les pilotes ne veulent pas participer aux efforts» de redressement de la compagnie.Il juge le mouvement indécent et corporatiste.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que Laurent Berger n'y est pas allé avec le dos de la cuillère ce matin sur RTL au sujet de la grève d'Air France qui a conduit à annuler la moitié des vols ce lundi, et probablement plus dans les jours qui viennent. Jugez par vous-même. Le secrétaire général de la CFDT, deuxième syndicat de France et le plus réformiste, a jugé le mouvement des pilotes de la compagnie nationale française primo «indécente» et secundo «corporatiste». Deux adjectifs que l'on n'a pas l'habitude d'entendre dans la bouche d'un dirigeant syndical et qu'il est donc nécessaire de relever… Pas sûr en effet qu'un tel discours soit un jour tenu par son homologue de la CGT, Thierry Lepaon, solidaire par principe de tous les mouvements de contestation.

«Les personnels au sol de la CFDT sont exaspérés, s'est empressé d'ajouter Laurent Berger, pour enfoncer le clou. Ils sont exaspérés parce que ça fait deux ans que cette compagnie est en redressement, avec des efforts des uns et des autres, et que là, les pilotes ne veulent pas participer aux efforts». Cohérent avec lui-même, il a en effet rappelé que la CFDT d'Air France «est en désaccord» avec cette grève et que donc elle «ne la soutient pas». Pour autant, Laurent Berger n'en est pas moins sceptique sur le développement de Transavia, l'objet de l'ire des pilotes d'Air France. «Ca ne veut pas dire que nous nous n'avons pas des questions», a indiqué le leader syndical. Mais ce n'est pas le débat du jour. Le débat, c'est d'assurer les vols et d'arrêter une grève qui ne passe pas dans l'opinion.

En tout cas, si la prise de position de Laurent Berger ne détonne pas -il juge toujours très négativement la plupart des mouvements de grève, et surtout ceux «corporatistes»-, il y a fort à parier qu'il ne sera pas le bienvenu dans un avion Air France dans les semaines qui viennent. Et il serait bien inspiré, pour se rendre mardi au comité de direction de la Confédération européennes des syndicats à Copenhague, au Danemark, d'éviter de prendre un vol de la compagnie nationale. Enfin s'il y en a un d'assuré...