[Interview] Sur les allocations familiales, “la façon de procéder est désastreuse”

Publié le 29/10/2014 à 16H10
Dans une interview au Monde daté du 25 octobre 2014, Laurent Berger condamne les dernières annonces gouvernementales en matière d'allocations familiales.

La modulation des allocations familiales selon les revenus n’est pas une mesure de justice sociale ?

Le gouvernement n’a pas voulu réformer le financement de la protection sociale et la fiscalité. Sur la modulation des allocations familiales, il bricole. On n’est pas dans un système d’universalité, puisque les allocations familiales ne démarrent pas dès le premier enfant. La façon de procéder est désastreuse. Personne n’y comprend plus rien et cela permet toutes les caricatures. Le gouvernement va traîner longtemps le fait de ne pas avoir voulu cette mise à plat de la fiscalité.

Excluez-vous une réforme de l’assurance-chômage qui conduirait à revoir à la baisse la durée et le montant des indemnisations ?

Cet épisode est symptomatique. C’est au moment où se mettent en place de nouvelles règles d’assurance-chômage signées par le patronat et validées par le gouvernement – avec des droits rechargeables qui sont une mesure incitative, dans un sens positif, à la reprise d’emploi – que certains disent, comme si rien n’avait bougé, qu’il faut renégocier. L’accord négocié prévoit des économies. Le gouvernement semble les juger insuffisantes, c’est pourtant lui qui a considéré qu’elles étaient trop importantes pour les intermittents. Où est la cohérence ? Donc calmons-nous ! Il n’y a pas de clause de revoyure et il n’y aura pas de renégociation avec la CFDT avant 2016. Un groupe de travail entre les partenaires sociaux préparera 2016.

Il faut respecter les gens. Je trouve étonnant qu’une parole publique critique l’indemnisation des chômeurs et ne s’insurge pas sur ce qui s’est passé chez Gad, c’est juste insupportable. On les a convoqués dans une salle municipale et on les a séparés en deux files, ceux qui sont gardés et ceux qui sont virés. Si on veut casser tout réflexe démocratique, tout lien social, eh bien on agit comme cela.

Propos recueillis par Michel Noblecourt