La CFDT Pays Basque engagée dans le désarmement d'ETA

Publié le 07/04/2017 à 15H24
Ce samedi 8 avril pourrait bien être une journée historique dans le Pays Basque : l’ETA, l’organisation armée qui luttait pour l’indépendance du Pays Basque depuis 1959, devrait être totalement et définitivement désarmée, sous le contrôle d’un grand nombre d’acteurs politiques et de la société civile basque, dont la CFDT Pays Basque. 

« La CFDT Pays Basque prendra toute sa responsabilité dans cette opération de désarmement comme elle a pris part à la rédaction de la déclaration de Bayonne qui pose les principes et mesures nécessaires au bon déroulement du processus de paix. » Michel Larralde, le secrétaire général de la CFDT Pays Basque a le sentiment d’être à la veille d’un jour qui pourrait être historique. Lui-même et une quarantaine de représentants politiques et de la société civile du Pays Basque, qui s’intitulent « Les artisans de la paix », seront samedi 8 avril, les observateurs et les garants du désarmement total et définitif de l’ETA, l’organisation armée qui a lutté pour l’indépendance du Pays Basque depuis 1959, année de sa création. Une commission européenne de désarmement sera également sur place au moment de la restitution des armes et du dévoilement des différents points GPS où se trouvent les caches de l’ETA.

Une reconnaissance de toutes les victimes du conflit

Ces artisans de la paix avaient pourtant été sérieusement échaudés le 16 décembre dernier lorsque cinq représentants de la société civile basque avaient été arrêtés par la police française au moment où ils entreprenaient la destruction d’une partie des armes de l’ETA. Ces cinq personnes ont été relâchées deux jours plus tard. La tentative de ce 8 avril constitue donc un nouveau gage de la volonté de paix des acteurs en présence. Ils attendent désormais que les Etats français et espagnols fassent un pas dans leur direction.

La déclaration de Bayonne de 2014 propose un chemin vers la paix. Elle demande notamment le rapprochement des prisonniers de l’ETA au Pays Basque. Elle fait également mention de l’élargissement des personnes remplissant les conditions pour une mesure de liberté et qu’elles puissent bénéficier d’un plan de réinsertion sociale. Elle propose aussi la création d’une commission « Vérité et réconciliation » pour établir une reconnaissance des souffrances de toutes les victimes et d’envisager des réparations. Enfin, elle ouvre le débat sur une évolution du statut du Pays Basque vers une collectivité territoriale à statut particulier. Le 9 avril, la balle devrait être dans le camp du gouvernement qui aura l’opportunité de mettre fin à un conflit de presque 60 ans qui a fait 829 morts.