[Aéronautique] Thales Avionics : fermeture du site de New Vélizy dans 2 ans (au profit de Mérignac ?)

Publié le 27/03/2015 à 16H33
La Direction de Thales Avionics a présenté son projet « STRADA » (STRAtégie De développement de l’Avionique) au CCE. Elle y indique sa volonté : -       De supprimer son site de New Vélizy (550 salariés en Ile de France). -       De transférer les postes dans sa future usine de Mérignac.

La Direction de THALES vise l’optimisation de sa R&D via le postulat : « on travaille mieux en équipe quand on est à proximité ». Postulat qui se révèle être à l’opposé de :

-       l’argumentaire de 2009 utilisé lors de la délocalisation vers Singapour,

-       la logique de 2011 sur les services partagés (PATA, Plan d’Adaptation de Thales Avionics),

-       la stratégie groupe Ambition 10 (internationalisation).

Thales Avionics, champion de la technologie de pointe, affirme là son incapacité à travailler efficacement en utilisant les outils high tech de communication !

Ce plan est lancé dans un contexte de sureffectif, pointé par le cabinet Syndex, expert auprès du CCE, dans les rapports des deux dernières années. La proportion de l’effectif qui accompagnerait ce transfert serait inférieure à 30 %, selon la Direction. Il y a donc l’idée sous-jacente que cette opération permet avant tout de traiter la sous-charge identifiée dans le développement des calculateurs de bord.

À ce jour, la future usine de Mérignac, Air’Innov, n’a pas la capacité d’accueillir les sites prévus, contrairement à ce que prétend la Direction. Le regroupement concerne 2 600 salariés (2 591 plus exactement) et le site cible n’en peut accueillir que 2 300. Il manque donc de la place pour 300 personnes !

La perte de savoir-faire est donc actée. L’analyse GPEC des compétences calculateur de New Vélizy indique que plus de la moitié de ces compétences sont rares ou plutôt rares sur le marché. Les calculateurs représentent une activité stratégique, au cœur de l’offre et du positionnement de Thales Avionics dans un contexte aéronautique très favorable.

Pour la CFDT, les résultats 2014, historiquement exceptionnels, du fait de l’excellent travail collaboratif des 4 200 salariés de TAV, pourraient financer de nouveaux projets innovants. La Direction ne retient pas cette option : l’actionnaire doit aussi être satisfait !

Pour la CFDT, ce nouveau plan, comme les précédents (un tous les 12 à 18 mois), est destructeur d’emploi alors que des moyens de travail collaboratifs existent. Il est temps de redonner du sens au travail.