Témoignages : le travail à domicile

Publié le 24/07/2012 à 00H00
« Construire nos choix revendicatifs en partant de la réalité vécue par les salariés »...En juin 2011, décision est prise par l'URI de se pencher sur le secteur de l'Aide à la Personne. Témoignages de Joëlle, Nelly, Marie-Renée et Sabine, impliquées dans la démarche, 4 drôles de dames au service du travail à domicile.
Témoignages : le travail à domicile
Témoignages : le travail à domicile
« Construire nos choix revendicatifs en partant de la réalité vécue par les salariés »...En juin 2011, décision est prise par l'URI de se pencher sur le secteur de l'Aide à la Personne. Témoignages de Joëlle, Nelly, Marie-Renée et Sabine, impliquées dans la démarche, 4 drôles de dames au service du travail à domicile.

Sabine* : Nous sommes la seule région (administrative) où une partie des «aides à domicile» est intégrée à la Fonction Publique Territoriale (FPT). Nous avons beaucoup de mal à nous faire entendre, les « laissés pour compte » de la FPT, sans différence de statut entre l’auxiliaire de vie et l’aide ménagère.

Nous sommes les rares qui doivent payer pour aller bosser ! Le montant de nos forfaits déplacement s’élève à peine à 17,50 €/mois, alors que certaines d’entre nous font plus de 1000 km/mois pour se rendre d’un domicile à un autre. Notre temps de trajet n’est pas pris en compte. Même si les mentalités évoluent peu à peu, nous restons des « femmes de ménages » (corvéables !) pour les anciennes générations, qui sont aussi nos principaux usagers.

Nous faisons un gros travail d’information sur le terrain, auprès de nos élus politiques, qui semblent parfois découvrir nos réalités !

Nous avons enfin pu mettre en place un référentiel commun, développant une quarantaine de questions : âge, situation familiale, salaire, désirs...et nous passons une dizaine de questionnaires chacune, ce qui devient assez représentatif en terme de réponses.

Les problèmes récurrents ? La rémunération (entre 1000 et 1200 € net/mois), le manque de reconnaissance, les troubles psychosociaux (stress, manque de sommeil) ou des soucis physiques (articulations, tendinites, lombalgies...). Certaines restent 1 h à 1 h 30 dans leur voiture, l’hiver, entre deux domiciles, pour les repas ou autre, parce qu’elles n’ont pas les moyens de rentrer. Il n’existe pas de « temps plein », les contrats de travail par exemple, spécifient que nous devons faire un maxi de 10 h/semaine alors que dans la réalité nous sommes au moins à 35 h hebdomadaire. Lorsque nous sommes confrontés à des mi-temps thérapeutiques, du fait de la rudesse de nos activités, nous pouvons espérer au mieux 300 € net /mois car ce ne sont que 5 h/semaine qui sont prises en compte.

*Sabine travaille dans un CIAS (Centre Intercommunal d’Action Sociale).

 

Retrouvez les autres témoignages ici.