SAFRAN : la Crise serait-elle finie pour l'aéronautique ?

Publié le 30/10/2009 à 00H00 (mis à jour le 05/11/2009 à 17H52)
C'est ce que pourraient laisser croire les dernières déclarations de la Direction Générale (DG) du Groupe Safran, présent en Aquitaine avec Turboméca, Messier-Dowty, Snecma Propulsion Solide ou encore Labinal (8 000 salariés en Aquitaine hors sous-traitants). Faux semblant et vraies réalités.
SAFRAN : la Crise serait-elle finie pour l'aéronautique ?
SAFRAN : la Crise serait-elle finie pour l'aéronautique ?
C'est ce que pourraient laisser croire les dernières déclarations de la Direction Générale (DG) du Groupe Safran, présent en Aquitaine avec Turboméca, Messier-Dowty, Snecma Propulsion Solide ou encore Labinal (8 000 salariés en Aquitaine hors sous-traitants). Faux semblant et vraies réalités.

 

Avant les congés d’été, la DG semblait vouloir anticiper et encadrer les conséquences sociales de la crise économique pour les sociétés du Groupe. Ainsi, elle avait convoqué les coordinations syndicales à deux reprises afin de discuter d’une boite à outils sociaux qui pourraient être mis en œuvre (bien mis en exergue dans la presse).

Depuis plus rien !

La CFDT a interpellé à plusieurs reprises les dirigeants pour ne pas se leurrer sur les réalités actuelles. Que se soient les instituts d’analyse, les experts de tous poils (dont ceux proches des syndicats), la presse … tous prévoient une période difficile pour l’aéronautique (avions comme hélicoptères) en 2010 et 2011. A la limite, envisageons-nous une légère reprise ensuite, car les fondamentaux plaident pour une croissance à moyen et long terme du trafic passagers et du fret.

Pour autant, De nombreuses sociétés du Groupe annoncent déjà des baisses drastiques de charges (20 à 50 %) et des « adaptations » de la capacité pour 2010 et au-delà : Turboméca, Messier-Dowty, Messier-Bugatti, Aircelle, Labinal, Snecma, …

La DG a volontairement stoppé tout dialogue social sur les mesures pour pallier aux conséquences de la crise depuis 3 mois maintenant. Elle ne veut pas aborder ce dossier avec les syndicats : c’est la stratégie de l’évitement !

Cela lui permet de faire peser tous le poids de la crise et de sa réorganisation société par société, établissement par établissement. Cette stratégie divise les salariés, alors que la gestion du Groupe et les profits sont centralisés.

Safran a les moyens humains, industriels et financiers pour affronter le nouveau cycle de baisse d’activité et préparer la reprise.

La CFDT exige que les actionnaires participent eux-aussi à la gestion des conséquences de la crise. L’Etat et l’actionnariat salarié doivent être au service de la préservation des intérêts industriels et sociaux du Groupe, et ce d'autant plus qu'à moyen terme les perspectives du secteur Aéronautique sont favorables.