Nanotechnologies, la santé oubliée ?

Publié le 14/01/2010 à 00H00
Le ministère de l'environnement a organisé, fin 2009 dans de grandes métropoles régionales, toute une une série de débats publics sur les Nanomatériaux. A Bordeaux, il se tenait le 3 novembre et le sujet portait plus particulièrement sur les risques pour les travailleurs.
Nanotechnologies, la santé oubliée ?
Nanotechnologies, la santé oubliée ?
Le ministère de l'environnement a organisé, fin 2009 dans de grandes métropoles régionales, toute une une série de débats publics sur les Nanomatériaux. A Bordeaux, il se tenait le 3 novembre et le sujet portait plus particulièrement sur les risques pour les travailleurs.

Les nanomatériaux sont des particules infiniment petites, de la taille d'un nanomètre soit 10-9 mètres. En fait, ces matériaux existent depuis l'antiquité : les verriers et les potiers les connaissaient déjà et les utilisaient sans en soupçonner les particularités 'anatomiques'.
Le développement de leur utilisation dans nos époques contemporaines date de la fin des années 80.
Leurs propriétés sont surprenantes. Ils sont utilisés dans des domaines aussi variés que la chimie (dans la fabrication des pneumatiques par exemple), la pharmacie, les cosmétiques, le textile (chaussettes antibactiennes, parka ...).

Quels effets à terme ?
Leur utilisation a donc quitté les laboratoires de recherches et est déjà bien présente dans les processus industriels.
Par contre, les effets sur l'organisme humain sont peu documentés. Le professeur BROCHARD, intervenant pour l’occasion, n'a pas caché qu nous manquions de données sur l’homme. Peu d’informations, tant par le nombre insignifiant d’études menées, que parce que l’on n’a pas encore assez de recul, d’éléments tangibles, pour mettre en évidence et prédire d’éventuels effets pathogènes durables.
Les « Nano » sont donc partie prenante d’un un processus industriel, c'est à dire que les produits sont fabriqués, transformés, utilisés et détruits.

Le Directeur Régional du travail a rappelé que leur utilisation doit apparaître dans le document unique d'évaluation des risques. Si au niveau de la production, l'information est relativement facile à obtenir, il en est tout à fait autrement pour les autres aspects de la chaîne, avec une très grande interrogation sur la destruction des produits. Destruction qui peut libérer des Nanoparticules, comme par exemple dans l'incinération des pneus pour la fabrication du ciment.

Respecter les règles
Dans les faits, chacun sait ce qu'il en est en Aquitaine. Le tissu industriel est composé de PME voire de TPE, le DU (Document Unique d’évaluations des risques) est au mieux une feuille recto verso. Les CHSCT sont peu présents et peu formés.

Quant à notre réactivité, l'histoire récente de l'amiante a démontré qu'il a fallu plus de 100 ans pour que les pouvoirs publics prennent (et pas toujours) des mesures appropriées alors que l'effet cancérigène était démontré.
Concernant les produits industriels dont la dangerosité évolue en raison des modifications du process (la façon de faire), là aussi, l'histoire encore plus récente démontre que nous sommes toujours incapables de les mesurer, aussi bien qualitativement que quantitativement.
Une des raisons n'est pas l'absence de textes réglementaires mais leur inapplication chronique.

En conclusion, pour la CFDT, la demande de moratoire ne réglerait en rien le problème. Les « Nano » sont déjà là mais c'est l'ensemble de notre système de vigilance de la santé au travail qui est en échec, et ce malgré l'encadrement réglementaire existant.


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