Crise : les limites du système

Publié le 08/07/2009 à 00H00
Après une longue phase de lamentation médiatique des dirigeants de la planète finance, les pertes abyssales des banques dites " d'affaires " ont fini par atteindre l'économie réelle.L'heure est venue de convenir que des placements avec des taux de rapport à deux chiffres étaient artificiels.
Crise : les limites du système
Crise : les limites du système
Après une longue phase de lamentation médiatique des dirigeants de la planète finance, les pertes abyssales des banques dites " d'affaires " ont fini par atteindre l'économie réelle.L'heure est venue de convenir que des placements avec des taux de rapport à deux chiffres étaient artificiels.

La plupart des entreprises sont donc touchées par les effets de cette surchauffe de longue durée de la finance mondiale.

Ce mouvement a été plus violent dans les pays les plus libéraux. La France est mieux protégée de ces violences par un système qualifié par les experts internationaux ' d'amortisseur social '.
Le système financier français, avec ces établissements publics, les fameux investisseurs institutionnels, ses banques à capitaux publics, privatisées il y a peu d'années, encore mal rompues aux placements à ' hautes performances ', ont été protégés par ce qui passait encore l'année dernière pour de l'archaïsme .

Ce qui est vrai pour la structure des banques françaises l'est aussi pour le système du dialogue social ' à la française ' : la culture de la négociation dans les branches, dans les entreprises. La section syndicale d'entreprise, un acquis de 68, tant décrié par les libéraux au pouvoir, au secours du système économique de libre échange.
Quelle ironie !

Croissance verte

Nous qui sommes, à la CFDT, aux avant-postes de ces combats pour le dialogue et la négociation sociale, devrions nous réjouir que ces principes deviennent aussi précieux pour nos partenaires de négociation.
Nous considérons que cette crise doit être une opportunité de revoir un système économique qui vient de montrer ses limites. La CFDT propose de relancer la croissance verte en mettant en œuvre de nouveaux métiers pour de nouveaux besoins.
Nous constatons que cette vision à long terme n'est malheureusement pas partagée par les décideurs des entreprises et il se profile un retour aux mêmes vieilles recettes. On aura seulement pris soins de changer la vaisselle.

Ce constat pourrait être seulement source de regrets de cette opportunité manquée. Malheureusement, les conséquences sur la santé des entreprises suppriment des emplois et en mettent d'autres en danger.

La proposition initiale de la CFDT de rediriger les fonds du bouclier fiscal vers la formation des salariés des entreprises touchées par la crise, devait permettre de préparer la sortie de crise en faisant progresser la qualification des salariés. Cette revendication a été récupérée par le gouvernement en occultant les aspects constructifs et en y consacrant que très peu de moyens financiers.
Le fond d'investissement social (FISO), ainsi créé, n'a encore aucune réalité concrète sur le terrain. Il nous appartient de réclamer son activation dans chaque entreprise en difficulté afin de transformer cette revendication CFDT en réel succès et, dans le même temps, de contraindre le gouvernement à augmenter les fonds qui sont prévus dans ce cadre.

Du courage

Vous constaterez que les exemples qui suivent soulignent que l'Aquitaine n'est pas épargnée et ce dans beaucoup de secteurs d'activité. Dans bien des cas la crise a bon dos. Les entreprises dont les difficultés sont directement dues à la crise sont très rares. Le plus souvent, la crise est un prétexte pour faire passer des restructurations dures  ou l'occasion de justifier le principe de précaution poussé à l'extrême.

La façon dont les équipes CFDT, sur le terrain, vivent ces évènements  force le respect. Il faut bien du courage pour affirmer la nécessité du dialogue dans un tel environement.  Aussi bien vis à vis des patrons, que la soit disant urgence à agir, pousse à éluder la phase de concertation, que vis à vis des autres organisations syndicales qui préfèrent souvent la facilité politique de la terre brulée à la difficulté du compromis.
C'est d'autant plus difficile que, dans ce contexte, la tentation de la colère et des positions dures est amplifiée  par l'incompréhension que ressentent les salariés dont la qualité du travail n'est pas en cause dans les difficulté de l'entreprise.

Augmenter nos compétences

L'autre dénominateur commun à ces expériences vécues, est la nécessité grandissante d'une forte compétence d'analyse économique pour les militants afin de rester une force de proposition. L'Union Régionale s'attelle donc déjà à une réflexion sur des outils concrets pour les militants avec l'aide de nos partenaires, comme le cabinet d'expertise Syndex.
L'objectif est d'aboutir à une offre avant la fin de l'année 2009.

Au delà des ces besoins objectifs, ces remous de la finance conduisent à une déstabilisation de la société en tant que groupe humain. Le syndicalisme CFDT est un recourt fort face à ce phénomène de démantèlement.  Le lien que doivent maintenir les fédérations et les URI avec les syndicats et les sections d'entreprise est d'autant plus crucial, nous devons tous y veiller.

Le partage d'expériences permet souvent un début de solution face à un problème lourd, nous vous engageons à poursuivre la démarche en prenant contact avec vos Unions Départementales/ UIS (contacts).