Bassin de Lacq : l'intercommunalité vecteur de transformation sociale

Publié le 16/03/2011 à 00H00
Le 17 janvier 2011, une journée d'étude sur l'économie du bassin de Lacq (64) étaitorganisée par la communauté de communes (CCL) de la dite localité. élus locaux, industriels,représentants des salariés, Presse étaient invités au débat. trouver ici l'intégralité de l'intervention CFDT.
Bassin de Lacq : l'intercommunalité vecteur de transformation sociale
Bassin de Lacq : l'intercommunalité vecteur de transformation sociale
Le 17 janvier 2011, une journée d'étude sur l'économie du bassin de Lacq (64) étaitorganisée par la communauté de communes (CCL) de la dite localité. élus locaux, industriels,représentants des salariés, Presse étaient invités au débat. trouver ici l'intégralité de l'intervention CFDT.

Bonjour à toute et à tous,

Nous sommes à un moment historique du devenir de notre territoire pour plusieurs raisons : l'après Célanèse aujourd'hui, l'après Gisement de Lacq demain, qui vont reconfigurer notre bassin industriel, et la mise en place de la nouvelle intercommunalité.

Nous pouvons d'abord tirer un bilan positif de ces dernières années.
Sur Célanèse, si les efforts conjugués des organisations syndicales et des élus locaux n'ont pu stopper cette fermeture, nous avons pour nous d'avoir tout essayé, à tous les niveaux d'interventions possibles, et tout mis en œuvre pour limiter la casse et permettre la poursuite des activités des entreprises voisines directement impactées.

Sur l'après Gisement de Lacq, le projet « Cluster Chimie 2030 » doit permettre de maintenir les activités Tiochimiques du complexe, mais aussi d'améliorer l'offre globale de la plateforme industrielle du bassin. Cela fait plus de 20 ans que la CFDT, chez Elf puis chez Total, se bat pour pousser la Direction à préparer l'avenir autrement que sous la forme d'un abandon pur et simple de l'exploitation du gisement.

Enfin le travail de Chemparc a permis déjà de nouvelles implantions industrielles (Abengoa, Phytocos, Régéfilm, …), la création de la pépinière Chemstartup, et doit rester un véritable vecteur de prospection industrielle destiné à valoriser notre territoire tant sur ses capacités à accueillir de nouvelles industries, que sur ses capacités à gérer les risques industriels majeurs, ce qui doit rester un véritable atout de notre bassin.

Pour mémoire, le GIP Chemparc est issu du projet CFDT appelé « l'instance multipartite », obtenue de haute lutte au moment du conflit de 1996 sur la scission juridique de EAP. Là encore, nous étions présents et précurseurs.

Aujourd'hui, quelles leçons tirer et quelles améliorations apporter à nos fonctionnements et à nos engagements ?

Concernant les pouvoirs publics, plusieurs questions nous interpellent :

les activités du bassin dépendent éminemment de notre capacité à sortir les productions du territoire : l'amélioration des infrastructures commence à poindre le nez avec l'A65, mais ce qui nous inquiète fondamentalement, c'est le fret SNCF et le blocage sur le port de Bayonne.

Comment approuver en Béarn des projets qui ne sont viables à terme que grâce à un débouché maritime de proximité, et accepter que le dernier maillon de la chaîne, le port de Bayonne, puisse mettre en péril l'avenir de l'ensemble du 1er bassin industriel du département ?

Nous souhaitons que l'État assume pleinement ses responsabilités, sans nous laisser l'impression qu'il nous parle Béarnais en Béarn, basque au Pays basque, et jamais simplement français en Pyrénées Atlantiques.

Dernier mot sur Bayonne : comment se fait-il que sur une zone particulièrement dangereuse et sensible (absence de règles claires de sécurité, effet domino, …), un S3PI (Secrétariat Permanent de Prévention des Pollutions Industrielles) soit mis en place sans organisations syndicales ?

L'État doit réellement imposer aux entreprises qui ferment leurs obligations de revitalisation des bassins d'emplois :

Le dossier Célanèse doit nous servir de leçon, sachant que cette entreprise ne ferme pas pour des difficultés économiques et financières extrêmes, mais seulement pour des raisons d'optimisation de sa rentabilité à un niveau mondial :

  • Comment se fait-il que le pipe vapeur Yara-Sobegi soit financé sur des deniers publics ? Nous ne sommes pas là pour combler les lâchetés et les abandons des financiers internationaux qui nous exploitent.
  • Sont-ce encore les deniers publics in fine qui vont réellement financer les besoins en formation des personnels licenciés ?
  • Comment se glorifier de la création de 150 emplois dans le cadre de ce dossier, alors que bon nombre correspond à des embauches déjà réalisées chez des artisans ?
  • Enfin, si une entreprise ferme « sans avoir le couteau sous la gorge », n'y-a-t-il personne pour le lui mettre pour assurer la relève locale ? Et quid de la dé-pollution du site ? Silence radio !!!
  • Enfin, concernant les moyens donnés aux salariés de se reconvertir, il faudra bien trancher, un jour ou l'autre, sur le sort des salariés, comme ceux de Petit boy, qui ont vu leur formation prise en charge, sans qu'aucune structure ne se préoccupe des frais afférents, hébergement et restauration, qui leur reste à charge : c'est inadmissible !

Concernant les entreprises présentes sur le bassin, les questions sont les suivantes :

Pourquoi Total n'assume pas la gestion post 2013 de l'exploitation du gisement ?

Arkéma voudrait se retirer des moyens mis en œuvre localement comme le nouveau Service Santé au Travail de Lacq ? Et demain, pourquoi pas les pompiers ?

Et ce nonobstant, des efforts financiers réalisés par les structures locales ou régionales comme dans le projet Canoë ?

Il faut sortir de l'hypocrisie qui consiste à prendre tout ce qui vient et à lâcher, mine de rien, tout ce qui existe.

Pour nous, l'ensemble des entreprises présentes sur le territoire doit continuer à travailler ensemble, profondément, sur la mutualisation des services qui constituent des atouts importants d'accueil de nouvelles activités (santé au travail, service sécurité, pompiers,...).

Enfin le terme de responsabilité sociale des entreprises doit se traduire par des actes :

  • comment accepter que toutes les embauches de jeunes salariés se fassent dans des conditions précaires de CDD ou d'intérim ?
  • Que fait-on lorsque, derrière les formations du lycée de Mourenx orientées Chimie, il n'y a ni contrat d'alternance, ni stage, ni a fortiori embauche ?
  • Quel investissement dans la réflexion sur les transports collectifs des personnels du bassin ? C'est aussi un axe de réflexion Développement Durable.

Concernant la nouvelle intercommunalité, nos attentes sont fortes :

Le nouveau périmètre de l'intercommunalité est à la fois porteur de perspectives et porteur d'exigences.

Nous sommes et nous voulons rester un vecteur de transformation sociale au bénéfice de l'intérêt général.

Il faut globalement que tous les investisseurs publics, territoires, communes, communauté de communes, départements et région, assortissent toutes les aides apportées à l'activité économique, d'une obligation de résultat en termes d'emplois, d'activités industrielles et de formation réellement investissables dans l'activité locale,

L'extension du territoire géographique de la communauté de communes doit également nous engager sur l'élargissement de notre réflexion aux métiers autres que ceux de l'industrie chimique.

Cette nouvelle instance doit s'assortir d'une structure de dialogue territorial qui puisse examiner toutes les problématiques de l'activité et de l'emploi du territoire, qu'elles soient industrielles, agroalimentaires, de services, privés comme publics.

Rapporteure : Michèle Marroncles