Conférence CFDT Syndex au Pavillon France : la transition nécessite de renforcer le dialogue

Publié le 18/06/2012 (mis à jour le 21/08/2012)

Au Pavillon officiel de la France, la CFDT et Syndex mettent en avant la nécessité de renforcer la gouvernance du développement durable à Rio+20 et la nécessité du dialogue social dans la transition vers une économie verte, lors d'une conférence qu'elle a organisé avec des parties prenantes (entreprises, ONG, Régions françaises).

La CFDT avait invité plusieurs parties prenantes à la Conférence qu’elle a organisée ce 17 juin 2012 au Pavillon officiel de la France. La table ronde animée par Olivier Chabrol de Syndex, a permis de présenter les initiatives des différentes parties prenantes en faveur d’une meilleure prise en compte de la responsabilité, que ce soit celle des Etats et de la communauté internationale, comme celle des collectivités locales et des entreprises. La Fondation pour le progrès de l’homme (FPH) représentée par son président Pierre Calame, a rappelé qu’un des problèmes de Rio+20 est de faire l’impasse sur l’éthique et le droit international. Former une communauté internationale, a rappelé Pierre Calame, c’est accepter de prendre en considération les impacts de son mode de vie sur les autres peuples, donc accepter la réciprocité. C’est le sens de la Charte des Responsabilités Universelles qui a été proposée aux chefs d’Etats et de gouvernements, et que la CFDT soutient.

Mais la table ronde a aussi montré combien la responsabilité s’étend aussi aux entreprises. Antonio Manganella du  CCFD a ainsi rappelé que la Responsabilité sociale des entreprises est aujourd’hui au cœur de toutes les réflexions mais nécessite de dépasser les déclarations de principe ou les exemples bien choisis. De même les collectivités locales accompagnent la transition vers une économie verte en proposant des démarches d’investissements ou d’achats responsables qui intègrent de l’éco-conditionnalité. Les régions s’engagent aussi, comme en Rhône Alpes à accompagner la création de nouveaux emplois verts, dans des métiers nouveaux comme conseiller en qualité de l’air intérieur.
Guilesne Hiero de l'association Orée, qui représente des entreprises grandes et moyennes, mais aussi des associations environnementales et des chercheurs, l’enjeu est aujourd’hui de renforcer l’approche systémique en privilégiant plusieurs leviers de responsabilité : le droit international, européen, national, les différentes conventions, normes et réglementations, les engagements volontaires des entreprises, et la fiscalité écologique. Cela doit concourir à définir la Responsabilité sociale des organisations (RSO) qui ne couvre pas seulement les entreprises mais aussi le secteur public ou les associations.
Alain Mestre de Syndex est intervenu pour rappeler combien il est nécessaire de mesurer le basculement vers une nouvelle forme d’économie, plus responsable ou plus verte, qui va devoir s’accompagner d’innovations sociales. Pour accompagner les salariés, il va être nécessaire de mettre en place des formations et de prévoir les reconversions. Dans ce domaine, des expériences existent mais sont à développer (comme les CV de sites ou l’exemple de Bosch Venissieux qui se reconvertit dans le solaire photovoltaïque grâce aux experts de Syndex). Ceci confirme bien évidemment la démarche de la CFDT qui cherche à valoriser la place des différentes parties prenantes autour de l’entreprise, mais aussi de du dialogue social dans l’entreprise au service de la transition.
Patrick Pierron, pour la CFDT, a rappelé l’importance des échanges entre parties prenantes pour construire ensemble un nouveau modèle de développement. Cela renvoie aux dialogues entre parties prenantes à tous les niveaux : entreprises, filières, états, territoires,… En ce sens, la responsabilité d’une organisation syndicale, comme la CFDT, transcende les seuls enjeux sociaux et pose la question d’un nouveau pacte social dans son acception la plus large. La vision de long terme ne peut se construire qu’en préparant les transitions sociales acceptées et construites avec tous les acteurs concernés. Il faut éviter l’écueil qui serait d’amplifier des inégalités. Cela rejoint les ambitions de la CSI, de lier développement durable et travail décent.
La CFDT a aussi participé à d’autres évènements dans la journée : le débriefing du Collectif Rio+20 sur l’avancée des négociations ; le Forum Chine-Europe-Amérique du Sud des sociétés civiles ; un side-event sur l’ISO 2600. Enfin, la CFDT a accompagné la Confédération européenne des Syndicats à une rencontre avec le Commissaire européen à l’environnement, Janez Potocnik, pendant laquelle les syndicats ont notamment demandé que le texte final de Rio+20 contienne une référence aux Socles de protection sociale et à la Taxe sur les transactions financières. 
Emmanuel Mermet